Voici une autre interview de Claude, la plus récente à ce jour, publiée dans La Nouvelle République le 29 janvier 2012.
Pour Claude Pierrard, ici dans sa belle maison du centre ancien, à Thouars « Il y a plein de bonnes volontés. Parfois, il suffirait de peu de chose ».
Vous habitez Thouars depuis six mois. Votre regard sur la ville a-t-il changé par rapport à l'image que vous vous en étiez faite ?
« Il a changé. Et il a changé dans le bon sens. Surtout du point de vue de l'accueil. Je ne pensais pas qu'il serait aussi chaleureux ni aussi rapide. Notre cercle relationnel s'est très vite étoffé au fil des rencontres et des dîners. Je suis réellement surpris. Auparavant, je suis resté cinq ans à Bar-le-Duc (Meuse, NDLR) et rien ne s'est passé durant ces cinq années. »
Quel regard porte le journaliste que vous êtes sur la ville de Thouars ?
« Une belle endormie, je dirais. Qui ne demande qu'à se réveiller parce qu'il y a plein de bonnes volontés. Parfois, il suffirait de peu de chose. L'exemple-type, c'est la place Saint-Médard. Le marché de Noël fut un réel succès malgré les travaux et la météo. C'est la preuve que cela se joue à pas grand-chose. »
Que manque-t-il justement, à vous yeux ?
« Une plus grande information sur toutes les possibilités qu'offre Thouars. En ce qui concerne le tissu associatif, notamment. Sur le plan touristique et historique, aussi, beaucoup de choses mériteraient d'être développées. »
Les plus gros points faibles ?
« Peut-être la diversification des spectacles et des manifestations. Je mets à part le cinéma qui va dans le bon sens en proposant de plus en plus de films en sortie nationale ; ces bénévoles font un travail superbe. Mais il n'y a pas assez de spectacles grand public au théâtre ou ailleurs. On est dans la qualité, certes, mais on donne dans l'élitisme. Populaire n'est pas un mot péjoratif. C'est très bien de faire venir Daniel Buren, Michael Lonsdale ou Marie-Christine Barrault l'été dernier, mais il ne faut pas tomber dans l'avant-garde systématique comme pour l'art contemporain, entre autres. »

Quelle alternative proposeriez-vous ?
« Il y a des pistes à explorer, notamment au niveau de l'histoire de la ville, de ses périodes fastes. Pourquoi ne pas imaginer des sortes de reconstitutions en habit avec des habitants ? Il n'y a pas non plus de salle avec une grande capacité d'accueil. C'est le problème des villes de taille moyenne. Il faudrait une salle modulable, pour le sport comme pour le spectacle. »
Mais l'argent manque…
« C'est certain. Les subventions nationales et régionales sont de plus en plus limitées. En revanche, on pourrait peut-être concevoir, sur le mode des réunions de quartier, des réunions de loisirs où les habitants réfléchiraient à des animations et proposeraient des idées. Cela permettrait peut-être de dégager un thème original pour une manifestation qui prendrait de ce fait une ampleur régionale voire, pourquoi pas, nationale. »